Data scientist : de salarié à consultant, le bon move

Avec la montée en puissance des métiers de la data, les data scientists se trouvent aujourd’hui à un carrefour passionnant de leur carrière. Après avoir évolué comme salariés dans des entreprises où ils manipulent des volumes massifs de données, beaucoup envisagent de franchir le pas pour devenir consultants. Ce virage, loin d’être anodin, s’accompagne de nombreux avantages, mais aussi de défis à anticiper. Voici ce qu’il faut savoir pour réussir cette transition.

Capitaliser sur l’expertise acquise

Le passage de salarié à consultant est d’abord une question d’expertise. En tant que salarié, un data scientist a souvent travaillé sur des projets complexes, avec des équipes pluridisciplinaires et des ressources variées. Cette expérience constitue un atout considérable lorsqu’il s’agit de se positionner comme expert indépendant.

Prenons l’exemple de Julien, data scientist dans une multinationale. Pendant plusieurs années, il a contribué à des projets de machine learning, déployé des algorithmes pour optimiser des chaînes d’approvisionnement, et collaboré avec des équipes marketing pour analyser les comportements clients. En devenant consultant, Julien a transformé son parcours professionnel en une offre de services taillée sur mesure pour les entreprises ayant des besoins spécifiques en intelligence artificielle et en analyse prédictive.

Ce positionnement est un avantage pour répondre à des demandes précises, souvent impossibles à couvrir avec une équipe interne. Les entreprises cherchent des experts capables d’intervenir rapidement pour résoudre des problèmes spécifiques ou déployer des solutions avancées.

L’attraction de la liberté et de la diversité

Devenir consultant, c’est aussi embrasser une nouvelle manière de travailler. Contrairement à un salarié, un consultant choisit ses missions, ses clients et son emploi du temps. Cette autonomie est particulièrement prisée par les data scientists, souvent avides de relever des défis variés dans des secteurs différents.

Imaginez Claire, ancienne data scientist pour une grande banque. Fatiguée par la routine et les cycles de validation interminables, elle a choisi le consulting pour se diversifier. En l’espace d’un an, elle a collaboré avec une startup de la santé pour améliorer leurs modèles prédictifs et avec un géant de la distribution pour optimiser leurs stocks. Chaque mission lui apporte une richesse intellectuelle qu’elle n’aurait pas trouvée dans un poste classique.

Cependant, cette liberté a un prix. Le consultant doit jongler entre les missions, prospecter ses futurs clients et gérer l’administration de son activité. Pour simplifier cet aspect, certains optent pour le portage salarial, qui offre une gestion administrative simplifiée tout en maintenant leur indépendance.

Monétiser ses compétences

En devenant consultant, un data scientist revalorise souvent ses compétences. Les entreprises sont prêtes à payer un prix premium pour un expert capable de délivrer des résultats tangibles en peu de temps. Alors que le salaire d’un data scientist salarié atteint en moyenne 60 000 à 70 000 euros par an en France, un consultant expérimenté peut facturer entre 800 et 1 500 euros par jour.

Prenons l’exemple de Marc, qui a quitté son poste dans une entreprise de la French Tech pour lancer son activité de consultant en modélisation statistique. Grâce à son réseau, il a décroché des missions auprès de plusieurs PME qui n’avaient pas les moyens de recruter un expert en interne. En quelques mois, il a triplé ses revenus, tout en travaillant moins d’heures qu’auparavant.

Néanmoins, il faut être réaliste : le consulting implique aussi des périodes creuses, où les revenus sont moins réguliers. C’est pourquoi il est essentiel de diversifier ses clients et d’anticiper ces fluctuations.

Les défis et pièges à éviter

Si le consulting offre de nombreux avantages, il n’est pas sans risques. L’un des pièges courants pour les data scientists devenant consultants est de sous-estimer l’importance du réseautage. Avoir une expertise pointue ne suffit pas toujours : il faut se faire connaître et bâtir une réputation.

Un autre défi réside dans la gestion de l’équilibre entre les missions et l’administratif. De nombreux consultants s’épuisent en jonglant entre la prospection, la facturation et la réalisation des missions. C’est là qu’un cadre comme le portage salarial peut être utile, car il permet de déléguer ces tâches tout en bénéficiant des avantages du statut de salarié (mutuelle, retraite, assurance chômage).

Enfin, le passage de salarié à consultant exige un changement de mentalité. En tant que salarié, on est habitué à recevoir des instructions et à travailler dans un cadre structuré. Le consultant, lui, doit s’imposer comme un partenaire stratégique, capable de proposer des solutions et de guider ses clients.